Outre les gauchistes qui résistent par principe à tout progrès, j'ai pu constater avec surprise que même des libéraux ne trouvent pas la réforme des retraites bonne ! Ils font cependant une bonne remarque en signalant que l'on conserve un système par répartition communiste alors qu'on devrait passer à une retraite par capitalisation. Cela ne fait pas pour autant de Nicolas Sarkozy un communiste, puisque sa vision est bel et bien de nous faire passer à une retraite par répartition.
D'une part, repousser l'âge légal de la retraite jusqu'à 67 ans est totalement bénéfique pour notre pays puisqu'il va inciter les gens à travailler plus longtemps. Dans un pays où on préfère se la couler douce, forcer les fainéants à se bouger un peu au lieu de rester les fesses au chaud en retraite ou en train de défiler dans les rues est bon pour l'économie : plus de travail, c'est plus de richesses, donc plus d'argent.
Ensuite, on pourra remarquer que l'âge auquel les gens arrêtent de travailler est inférieur à 60 ans. Ils partent donc avec une pension qui n'est pas complète. En repoussant l'âge du départ, ils pourront certes travailler un peu plus longtemps, mais leur pension sera également moins importante. C'est un point particulièrement intéressant, puisque c'est là que va se faire le basculement vers une retraite par capitalisation, les gens devant alors se tourner vers une complémentaire retraite s'ils veulent conserver un bon niveau de vie après le travail. Une aubaine pour les fonds de pension !
Nous allons donc vraiment vers un système privatisé et donc bien plus juste et efficace, dans lequel les plus riches arrêteraient de payer pour les plus pauvres. Les gauchistes ont beau proposer des solutions toutes plus irréalistes les unes que les autres pour conserver leur vieux système communiste par répartition, comme taxer les revenus financiers, ou encore augmenter les salaires, la révolution des retraites est pourtant inévitable !
Un passage direct à une retraite par capitalisation aurait certes été courageux, mais malheureusement, les syndicats, toujours très puissants en France, auraient pu manipuler l'opinion pour la bloquer. Il est donc important de faire une réforme en douceur, en expliquant que le système actuel pose problème. On aurait cependant pu également mettre en avant l'idée d'Ivan Rioufol, qui proposait
un référendum sur la capitalisation, car il est vrai que la majorité silencieuse devrait y être favorable. Il faut cependant se méfier du référendum, puisque dans le système de vote actuel, tout le monde a le même poids, les plus pauvres et les gauchistes auraient donc leur mot à dire et comme ils sont plus nombreux que les gens responsables comme les entrepreneurs ou les rentiers, il est difficile de leur confier l'avenir de nos retraites.
Il faut en revanche se méfier des amalgames hasardeux, que font certains libéraux en comparant le système de retraite par répartition communiste à ce qu'a pu faire Bernard Madoff. La retraite par répartition n'est pas un modèle pyramidal, puisqu'il est égalitariste et place tout le monde sur le même plan : les pauvres ayant les mêmes droits que les riches. C'est un modèle communiste dont on a vu les ravages en URSS. Le système pyramidal de Bernard Madoff, au contraire, est clairement d'inspiration libérale, puisqu'il instaure une hiérarchie en plaçant les plus riches à son sommet, qui vont de par leurs actions faire profiter de leurs richesses à tout le monde. J'avais déjà expliqué
dans un précédent billet en quoi un tel système est parfaitement viable, et pourquoi l'arrestation d'un excellent gestionnaire tel que Madoff était une triste erreur.